
SAINT GRÉGOIRE LE GRAND, PAPE, CONFESSEUR,
ET DOCTEUR DE L'ÉGLISE.
3 SEPTEMBRE
L'an 60'k. — Grégoire le Grand, Romain de naissance, et fils du sénateur Gordien,
s'appliqua dans sa jeunesse à l'étude de la philosophie. Il exerça ensuite la
charge de, préteur. Après la mort de son père, il fit bâtir six moriass` tères
en Sicile, et un septième à Rome, dans sa propre mai son, sous l'invocation de
saint André, près de la basiliquë des saints Jean et Paul, sur le mont Scaurus.
Il y fit même profession de laviereligieuse , sous la direction d'Hi= larion et
de Maximien., et dans la suite il devint abbé de ce monastère. Créé vers ce
temps-là diacre-cardinal, il fut envoyé par le pape Pélage en qualité de légat
auprès de l'em pereur Tibère-Constantin. Une de ses mémorables actions pendant
cette légation, ce fut de faire rétracter son erreur au patriarche Eutychius ,
qui avait écrit qu'après la résur rection nos corps ne seront pas véritables ni
matériels; si bien que l'empereur jeta au feu ce livre erroné. Eutychins étant
tombé malade quelque temps après, et se voyant sur le point de mourir, prit la
peau de ses mains en présence de beaucoup de personnes, et dit : Je crois que
nous ressusciterons tous avec cette ?nt me chair.
Revenu à Rome, Grégoire fut élu d'un commun consentement souverain-pontife, à
la place de Pélage, qui était mort de la peste. Il repoussa autant qu'il fut
possible l'honneur qu'on voulait lui faire; mais il eut beau se déguiser et se
cacher dans une caverne, sa retraite ayant été trahie par une colonne de feu, on
le conduisit à Saint-Pierre, et il reçut la consécration. Il accomplit les
devoirs du pontificat de manière à laisser à ses successeurs, par sa doctrine et
par sa sainteté, nombre d'exemples à imiter. Tous les jours il admettait à sa
table des pèlerins, parmi lesquels il reçut, paraissant comme l'un deux, un ange
et le Seigneur des anges. Il s'était fait donner la liste des pauvres de la
ville et de ceux du dehors , et il pourvoyait avec bonté à leur nourriture. Il
rétablit dans plusieurs contrées la foi catholique, qui menaçait de s'y éteindre;
car il réprima les donatistes en Afrique, les ariens en Espagne, et fit chasser
d'Alexandrie les agnoïtes. Il ne voulut pas donner le pallium à Syagrius d'Autun,
que cet évêque n'eût chassé de la Gaule les nouveaux hérétiques. Il amena les
Goths à quitter l'arianisme; il convertit la Grande-Bretagne à la foi de Jésus-Christ,
en envoyant dans cette ile Augustin avec d'autres religieux, pleins de science
et de sainteté, et il a mérité ainsi que le prêtre Bède l'appelât l'apôtre de
l'Angleterre. Par lui fut réprimée l'audace de Jean, patriarche de
Constantinople, qui s'arrogeait le titre d'évêque universel. Ce fut lui aussi
qui fit changer de sentiment à l'empereur Maurice, lequel avait défendu à tous
ceux qui avaient porté les armes d'embrasser l'état monastique
Grégoire rendit l'Eglise florissante par la sainteté de ses lois et des
règlements. Il décréta beaucoup de choses dans un concile tenu à Saint-Pierre :
par exemple, que dans la messe on répéterait neuf fois Kyrie eleison; qu'on
dirait toujours Alleluia, excepté dans le temps qui est contenu entrega
Septuagésime et Páques; que l'on ajouterait au ca-non ces paroles : Diesque
nostros in tua pace dispouas. Il multiplia les processions, les stations, et
rendit plus complète la liturgie de l'ßglise. Il voulut que l'on respectât, à
l'égal cies quatre Ëvanites, les quatre conciles de Nicée, de Constantinople,
d'Ephèse et de Chalcédoine. Les évêques de Sicile, qui, par suite d'un ancien
usage, devaient venir tous les trois ans à Rome, obtinrent de lui de n'y venir
qu'après cinq ans. Ce grand pape composa beaucoup Wou.. orages. Pierre diacre
affirme avoir vu souvent sur sa tête le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe,
pendant qu'il dictait à ses secrétaires. Ce qu'il a dit, ce qu'il a fait, ce'
qu'il a écrit, ce qu'il a décrété, est bien capable d'exciter l'admiration,
surtout si l'on pense qu'il était toujours in-firme et malade. Enfin, après
avoir fait beaucoup de mi,-racles, et avoir occupé le suprême nontificat douze
ans cinq mois et neuf jours, il alla jouir de la béatitude céleste, le 42 mars,
jour qui est fêté solennellement par les Crees-eux-mêmes, en mémoire de la
sagesse et de la sainteté de ce pontife. Son corps est enseveli dans la
basilique de Saint-Pierre, auprès de la sacristie.
PRATIQUE. — Quand nous faisons du bien au snm: cafre de nos frères, c'est Jésus-Christ
qui le reçoit.
PRIÈRE. O Dieu, qui avez donnés l'âme de votre serviteur Grégaire la récompense
du bonheur éternel, accordez-nous, dans votre bonté, aue; gémissant sous le
poids de nos fautes, nous soyons soulages parles prières qu'il vous adresse en
notre faveur. Ainsi soit-il.